Entités au café - 7ème et dernière scéance

Publié le par Les champs de l'Invisible

tassvide

 

Le matin j'avais rencontré l'esprit d'André pour la deuxième fois, il m'avait été expliqué deux ou trois choses que j'ignorais jusqu'alors de même qu'il avait été entrepris un travail d'équilibrage. Le processus s'était aussi enclenché sur le dévoilement de mon guide. Jusqu'alors, je procédais en percevant le tissu énergétique environnant par les réactions neuro-musculaires de mon corps qui en traduisaient les variations et le jeu des questions réponses en apportait l'interprétation. Cependant cette façon de faire que je n'abandonne pas complètement n'est autre que le contournement imposé du mental et du filtre associé qui sont en place.

Ma recherche actuelle est de réapprivoiser ce mental qui censure inévitablement  les informations reçues à l'aune  des schémas produits par  l'expérience et la culture qui l'ont formé.

En d'autres termes, si j'ai éduqué mon corps à réagir aux phénomènes subtils il doit en pouvoir être de même pour mon mental qui peut alors agir comme un décodeur instantané des informations reçues en les restituant soit sous la forme explicite des mots usuels soit sous la forme de pensées pures.

Je n'en suis pas bien loin, dans la mesure où je capte les prénoms de cette façon là, mais cela me demande un effort très important que j'ai du mal à maintenir pour aller au delà de quelques mots. Il y a donc un blocage sur lequel je travaille depuis quelques temps.

Certes j'ai déjà entamé des dialogues avec des entités sous une forme mentale directe mais je n'étais pas encore satisfait de la chose à cause de son caractère fragile et volatil.

L'intervention d'André et l'appel à mon guide ont, je le ressens, débloqué certaines choses et l'acquisition directe a été tout de suite améliorée.

Je me suis aperçu très rapidement dans les heures qui ont suivies la séance que je pouvais établir un dialogue en moi-même beaucoup plus facilement, cela ne m'était plus arrivé depuis la séance de méditation que j'ai relatée dans un autre post.

Le hasard faisant bien les choses, je me retrouve l'après-midi dans ce café que j'avais visité le matin même et je décide de procéder avec les derniers esprits d'une nouvelle façon en combinant cette facilité de dialogue qui est apparue avec le ressenti neuro-musculaire en arrière plan à des fins de vérifications.

Le même tabouret m'attend, je m'y installe et avant d'attaquer la séance je dialogue avec mon guide, assez agréablement surpris de ce jeu de questions réponses dont la partie réponse échappe complètement à ma volonté et surgit directement dans mon esprit.

Une fois ma démarche éclaircie, je peux commencer et j'invite la première entité à se présenter.

L'esprit s'avance, je le ressens à la manière habituelle par la modification du champ d'énergie environnant mais j'essaie d'établir cette fois, comme je l'ai expliqué un peu plus haut, une communication directe. Un prénom émerge, Stéphane. Il me faut un peu de temps pour que j'arrive à capter les messages directement, cela surgit comme de brefs éclairs de pensées comportant des intentions, des mots en vrac ou bien des phrases construites. Pour moi ce phénomène est nouveau et je le trouve extrêmement intéressant.

Ce qui est étonnant aussi c'est qu'encore une fois je ne suis pas étonné, je culpabilise de nouveau un peu de ce manque d'étonnement devant la nouveauté mais la chose sur l'instant me semble tellement normale et naturelle, comme si je discutais avec un passant dans la rue. En fait, c'est cela, ce qui me surprend toujours c'est mon absence de surprise, j'avoue que j'ai un peu de mal à  la comprendre, surtout lorsque repense aux périodes précédant le développement de capacités. C'est un peu comme si avant d'y arriver je rêvais émerveillé à la chose et qu'une fois atteinte, celle-ci me révèle alors que je ne sais vraiment rien et qu'il reste tant à accomplir que je n'ai pas le temps de "me réjouir".  Lorsque je lis les témoignages de personnes explorant les mêmes domaines, il est toujours question de surprise, d'enthousiasme, de joie fabuleuse, et je m'en veux de ne pas ressentir la même chose. Bon, je sais, chacun suit sa propre voie et aucune ne ressemble à l'autre, mais quand même... Cette culpabilité et ce ressenti neutre sont  sûrement un axe de travail et d'amélioration.

Je fais donc la connaissance de Stéphane. Stéphane est un homme jeune, il est décédé en 1987, tôt un matin  en se rendant à son travail, un accident au volant de sa 205 dans le voisinage. Je vois un jeune homme brun, bronzé et plutôt mince, en jean délavé et t-shirt blanc. Il était maçon et il culpabilise énormément de n'avoir pu se rendre sur son chantier. En effet, son patron comptait sur lui pour terminer le mur qu'ils avaient abattu dans la semaine et qui séparait deux jardins en rez-de-chaussée d'immeubles marseillais. On lui avait expliquait que c'était très important de le reconstruire en respectant les délais et que des engagements avaient été pris vis à vis des propriétaires et du maître d'oeuvre. Stéphane aime beaucoup son métier, il est très fier de ses compétences et à une très haute conscience professionnelle.

Ce sont la somme de tout ceci et de la brutalité de l'accident qui l'ont retenu. Il erre en pensant qu'il doit se rendre sur son chantier et qu'il doit en assumer l'urgence, d'autant que d'après lui aucun de ses collègues n'a les compétences pour reconstruire ce mur aussi bien que lui.

Encore une fois nous avons affaire à un esprit frappé d'amnésie et bloqué par la rumination issue des préoccupations de sa vie. Le dialogue consiste à faire émerger la conscience de son nouvel état qui n'est pas réellement acquise et à atténuer ses inquiétudes afin de le détourner un instant de ce qui le retient.

La discussion est longue, mais il accepte l'idée finalement qu'il peut s'élever car il est libéré de ses engagements (il admet d'ailleurs que 27 ans pour reconstruire un mur est largement suffisant et que d'autres s'en sont chargés même si cette idée lui déplaît...). Il accepte de partir et je le sens qu'il s'efface. S'est-il élevé ? Je ne sais pas,  la décision lui appartient.

Un esprit très joyeux se présente et je fais la connaissance de Martine. Martine me met vraiment de bonne humeur et j'ai l'impression qu'elle rit très souvent. L'image qui me vient est celle d'une femme châtain frisée en robe beige-marron, assez élégante dirai-je, mais ce mot n'a pas de sens, disons alors l'élégance d'il y a quelques décennie. Martine est décédée à 43 ans et je pense que cela a du se passer en 1960 ou 1970 mais je n'en suis pas très sûr. Martine est comme un feu follet, c'est très agréable de discuter avec mais aussi un peu difficile, elle parle très vite et j'ai du mal à suivre, elle change aussi de sujet sans arrêt. Je ne dirai pas que c'est une tête de linotte, ce n'est pas du tout ça, mais quelqu'un de très extraverti et de dynamique. Ce qui me surprend c'est qu'elle sait qu'elle peut s'élever mais qu'elle n'en a pas envie : elle "aime trop la vie, faire la fête, s'amuser et rigoler". La discussion se déroule alors, je sens qu'elle entend mes arguments mais s'y rend-t-elle ? Je ne saurai répondre à cette question, cependant l'échange se délite peu à peu et nous nous séparons.Comme pour Stéphane et tous les autres, la décision lui appartient, je ne peux rien faire de plus.

En repensant à Martine, il me vient la comparaison avec ces personnes constamment joyeuses et dynamiques, hyperactives aussi qui répètent comme une antienne que tout va bien et qu'ils aiment la vie mais  qui ,au fond d'eux , cachent des angoisses et des peurs violentes. La fuite et l'étourdissement temporel leurs permettent alors d'éviter de les affronter. Est-ce le cas pour Martine dont le caractère feu follet camouflerait une terreur profonde de l'inconnu qui la retiendrait ?  Encore une fois, je ne sais pas, c'est juste une idée qui m'est venue en écrivant.

La troisième rencontre se fait avec Maurice. L'entrée en matière est étonnante, j'entends un "Ouais ?" marmonné et bougon. Son image est assez réduite, je ne vois qu'un gros ventre tendant le tissu blanc et tâché d'une chemise ou d'un marcel... Et la discussion n'est pas du tout facile. Maurice n'est pas méchant mais pas du tout coopératif. Je suis toujours surpris d'avoir affaire à de tel esprit, ce sont eux qui se présentent et pas moi qui vais les chercher, je m'attends alors toujours à un minimum de politesse et de correction... Erreur, je considère les choses selon ma propre éducation, mais que ce soit dans la vie ou dans la mort les gens ont leur propres caractères qui s'expriment et les déconvenues de la vie quotidienne se rencontrent aussi dans les champs de l'invisible.

En substance, Maurice est dans la mort à l'image de ce qu'il était dans la vie. Une homme "peu évolué" qui avait sombré dans l'alcool. Et c'est complètement saoul que la mort est venue le prendre sous le prétexte d'une rupture d'anévrisme. L'égarement qui était le sien de son vivant a perduré. Néanmoins je fais ce que je peux pour lui rafraîchir la mémoire et lui montrer la porte de sortie. Après un assez long échange, nous nous séparons et il s'éloigne en grommelant.

Lors du debriefing avec mon guide, il me confirme que les choses se passent en miroir et que nous emportons ce que nous sommes. Maurice était vraiment resté à un bas niveau toute sa vie, bas niveau entretenu et aggravé par l'abus d'alcool. A sa mort, il n'a absolument pas réalisé ce qui se passait car il ne possédait déjà plus que très partiellement son incarnation qui avait été confinée quasiment uniquement dans les limites de la fonction animale. On me précise néanmoins, que tous les alcooliques ne courent pas ce risque là et que même Maurice trouvera la porte de sortie. il lui faut juste du temps.

 

Ainsi s'achève la rencontre des 21 esprits dans ce café.

 

 

Les séances précédentes sont consultables en suivant ce lien : "entités au café"

 

 

 

 

Kfée

 

 

 

Publié dans Entités au café

Commenter cet article