Patience et Passion

Publié le par Les champs de l'Invisible

En latin, pati voulait dire “endurer”. Le participe présent patiens, “endurant”, a été emprunté par le français patient. Le nom dérivé patientia, “faculté d’endurer”, a fourni au français le nom patience, synonyme de “résignation” ou de “constance”. Sur le participe passé passus, le latin créa passio, “le fait d’endurer”. Le terme servit surtout à traduire, en latin ecclésiastique ou philosophique, le grec pathos, “le fait de subir”, qui désignait soit le supplice du Christ, soit les troubles subis par l’âme. De passio découla le mot passion. [...] [1]

 

C’est en réfléchissant sur le processus de l’évolution spirituelle et notamment sur le rythme suivant lequel elle se déploie que s’est imposé à mes yeux le mot patience. J’ai voulu en savoir plus, et je me suis demandé qu’elle était l’origine de ce mot, j’ai alors découvert sa parenté avec passion. Je n’y aurai jamais pensé.

L’acception actuelle de la passion évoque tout sauf la patience. Et pourtant, ce n’est pas la passion qui nous donne envie de brûler les étapes mais l’impatience et l’avidité. La passion donne l’énergie d’endurer et de continuer tous les jours sur le chemin.

Ce désir d’aller vite est un piège, surtout dans le domaine de la spiritualité où ce qui importe dans le voyage est autant (peut-être plus) le trajet que la destination.

Qu’importe le temps que prennent les choses pour se mettre en place, pour s’installer, qu’est ce que 10 ou 20 ans à l’échelle d’une vie, de plusieurs vie ? Vraiment pas grand chose.

Il est vrai que notre époque refuse que les choses prennent leur temps, les fruits doivent murir plus vite, le bétail engraisser rapidement, une politique d’éducation doit donner des résultats en 6 mois,… Tout nous pousse à la précipitation. Or le secret est celui du temps et de la patience, de la germination dans le silence de la terre, de la maturation dans la lumière du soleil et des étoiles…

A ce sujet me revient un aphorisme de Morihei Ueshiba exprimant aussi cette nécessité :

 

Le travail d’une année est le travail d’une année,

le travail de deux années est le travail de deux années,

le travail de dix années engrange la force de dix années.

 

Chaque jour il faut accomplir honnêtement et sincèrement ce qui se présente, les réalisations s’ajouteront sans même y penser les unes aux autres et ainsi la transmutation de l’individu pourra s’opérer.

 

 

 

 

[1] Étymologie du français – les curiosités étymologiques, René Garrus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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