Anecdote sur les forces de l'Amour

Publié le par Les champs de l'Invisible

Il y a quelques jours, il m'est arrivé l'anecdote suivante.

 

Je marchais dans les rues de Marseille slalomant entre les poubelles qui s'entassaient à cause de la grève et j'ai croisé une dame qui était en grande conversation sur le trottoir au téléphone portable.

 

Alors que j'arrivai à 1 mètre d'elle, assez près pour entendre sa conversation, je l'ai entendu qui disait comme un mantra, "c'est pas possible, c'est pas possible,...", sur un ton agacé et excédé. J'ai ressenti en la croisant qu'elle évoquait le problème des poubelles qui n'étaient plus enlevées, mais surtout elle rayonnait d'une négativité pas bien grave en soi mais que j'ai imaginée grise et légèrement collante, un peu comme un nuage de barbapapa autour d'elle. Je continuais à entendre son leitmotiv alors que je la dépassai et que je la laissais derrière moi.

 

Je me suis demandé pourquoi elle agissait ainsi ?

 

Certes, cette histoire de poubelles a été très embêtante et préoccupante évidentes de conforts et de salubrité, mais que pouvait-on faire face à cette réalité sur laquelle on n'a pas de prise si ce n'est s'y adapter et essayer de ne pas céder à l'égrégore ambiant d'agacement. Cette dame réalisait sans s'en rendre compte un conditionnement et réunissait à son insu tous les ingrédients pour gâcher sa journée. Une charge négative s'additionnant à une autre, on influe sans s'en apercevoir sur son quotidien et on ne voit plus que du brouillard alors que tout devrait être en pleine lumière. La difficulté est que lorsque ce processus est enclenché, il est tentant d'y rester, comme un disque rayé, comme un réflexe facile.

 

Pour me nettoyer de ce sentiment, j'ai pensé à l'Amour, je le sais toujours présent et je lui ai demandé de m'envelopper, j'ai visualisé un aura lumineuse autour de moi qui filtrerait les choses négatives pour ne laisser passer que celles qui me feraient du bien. J'ai imaginé cet amour descendre et je n'ai pas pu m'empêcher d'en envoyer à la dame en question, me disant que elle en avait peut-être besoin.

 

Et j'ai continué mon chemin sans plus y penser.

 

Quelques centaines de mètres plus loin, j'emprunte une petite rue à sens unique par laquelle je passe souvent. Les trottoirs y sont étroits et on est obligé de marcher sur la chaussée. Cette rue se prend en voiture par un grand boulevard et coupe deux autres petites rues perpendiculairement. Pour des raisons de commodités, d'imprudences, d'imitations des copains, d'envie de transgression ou de bêtise, certains jeunes en scooter on pris l'habitude de la remonter à fond et à contre-sens pour rejoindre le boulevard et éviter les détours. C'est extrêmement dangereux et agaçant, parce qu'il n'y a pas de visibilité et que beaucoup de piétons et de mères avec leur enfants l'empruntent.

Alors que j'étais au début de cette rue, cela ne rata pas, je vois le parfait exemple du sauvageon comme le décrit lamentablement TF1 s'engager au loin à contre-sens. Il franchit le premier tronçon, et quand il arrive au deuxième, je me sens envahit d'ne bouffée de haine devant sa bêtise et son imprudence dangereuse et méprisante pour autrui, je lui souhaite alors un accident grave pour servir de leçon...

 

Aussitôt, une pensée me vient... "Allons, ne soit pas si mauvais, aime le plutôt et fait preuve de compassion"...  Un voile gris s'évapora et je l'ai alors regardé avec une certaine tristesse, sans jugement, sans haine, ressentant toute la fougue imprudente de sa jeunesse, ses peurs qui le poussent à s'affirmer stupidement, et j'ai souhaité sincèrement qu'il comprenne et qu'il soit prudent et conscient parce que ce qu'il faisait était stupide, déraisonnable et dangereux pour lui-même et les autres... Je le vis alors ralentir quand il s'engageait dans la dernière section de la rue menant au boulevard, il stoppa son scooter et reparti dans l'autre sens.

 

J'en ai eu les larmes aux yeux et j'ai ressenti de doux frissons me parcourir le corps...

 

Merci, merci, de ne pas m'avoir laissé dans la haine et de m'avoir rappelé qu'il n'y a que l'Amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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